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  • La France et la compétence spatiale

    L’état de nos compétences et des développements réalisés a reçu ces derniers mois des marques de reconnaissance objectives de la part des USA qui recherchent des moyens de relancer à des coût plus abordables leurs propres programmes d’accès à l’espace. Les moteurs développés en France et en Europe et le lanceur Ariane 5 luimême, sont examinés outre Atlantique pour des utilisations américaines. Les comparaisons effectuées avec des matériels US confirment la forte compétitivité de nos produits (malgré le taux de change défavorable euro/dollar !). Des voies s’ouvrent ainsi à une certaine mutualisation des moyens nécessaires à la poursuite de l’exploitation de la station orbitale internationale comme à l’accès de l’homme à l’espace. Ariane 5 est le type même du lanceur que les américains aimeraient bien avoir et que d’autres grands pays spatiaux (la Russie avec Angara, la Chine avec Longue marche 5) développent. Les atouts que la France et l’Europe peuvent exploiter pour l’accès à la station et demain l’exploration spatiale, en coopération avec les USA mais aussi avec les autres grandes nations spatiales, concernent non seulement le lanceur mais les charges utiles (cargo comme l’ATV ou dérivés capable d’emport d’astronautes et qui pourraient être développés en coopération. La France a été, en Europe, le chef de file du développement de la propulsion aussi bien à ergols solides qu’à ergols liquides. Dans le domaine des ergols liquides, la France a été le deuxième pays après les USA à ouvrir le domaine de la propulsion à oxygène et hydrogène liquide. Nous avons ainsi aujourd’hui la maîtrise des deux domaines nécessaires à la réalisation de lanceurs performants techniquement et économiquement : la propulsion à ergols solides permet de disposer des fortes poussées pour le décollage, la propulsion à hydrogène et oxygène liquides fournit les hautes performances nécessaires à l’optimisation du rapport entre charge utile et masse au décollage du lanceur (minimisation des coûts). Chacune de ces deux filières est associée à des coûts fixes (infrastructures, compétences des équipes) et il serait inutile et coûteux de vouloir développer, pour les lanceurs spatiaux, une troisième filière d’ergols telle celle des moteurs à oxygène et kérosène/ou méthane. Par ailleurs, la mise sur pied puis le fonctionnement d’une telle filière requerraient des financements supplémentaires dans des proportions substantielles de la part des États européens. Dans le monde, les moteurs LOX/kérosène ou méthane ont été développés en raison d’un déficit de compétences en propulsion solide et d’une maîtrise insuffisante des technologies de propulsion liquide ne permettant pas encore d’aborder le domaine des moteurs cryotechniques hydrogène/oxygène. Source: vol en apesanteur.