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  • Mondialisation

    La mondialisation telle que proposée par le néolibéralisme n’est pas la seule possible. Si la Banque mondiale et le FMI encouragent systématiquement la régulation quasi exclusive par le marché, il existe toutefois des contre-tendances telles que : 1) la montée d’un mouvement citoyen international et la multiplication des ONG ; 2) des courants politiques nouveaux (valorisant le partage du travail, le développement d’une économie solidaire, de nouvelles formes de coopération internationale, etc.) ; 3) des demandes de démocratisation de la part des divers mouvements sociaux (participation des travailleurs à la gestion des entreprises, participation des usagers dans les services collectifs, exigence de contrôle des populations locales sur leur territoire, mobilisation pour la protection de l’environnement, etc.). Dans cette foulée, des travaux de plus en plus nombreux mettent en lumière laface cachée de la mondialisation que constituent la revalorisation du local, les solidarités territoriales, les entreprises collectives et les nouvelles formes de coopération internationale dont celle du commerce équitable. Bien que toujours menacées de se replier sur elles-mêmes, ces contre-tendances peuvent aussi être porteuses d’une autre mondialisation et susceptibles d’influencer, voire de transformer les institutions en place (Wieviorka, 2003). Le Forum social mondial (FSM), depuis la tenue de sa première rencontre à Porto Alegre en 2001, en constitue une illustration forte. En effet, l’érosion des compro­mis sociaux et la remise en question des règles institutionnelles qui ont constitué la base du modèle capitaliste de développement de l’après-guerre (le modèle fordiste et providentialiste) de même que l’effondrement de l’étatisme des pays de l’Est ou le « développementisme » des États du Sud ont fait apparaître au grand jour les faiblesses de ces deux voies de développement désormais datées.

  • Des zones franches

    En 2017, la Chine ouvrira sept nouvelles "zones franches", ou zones-pilotes de libre-échange, plus franchement ouvertes que le reste du territoire au commerce international et aux investissements étrangers?: dans le Liaonang (ancienne Manchourie), le Zhejiang (région de Shanghai), le Henan (province du centre), le Sichuan (province de l’ouest), le Shaanxi (au centre du pays, avec comme capitale Xi’an) et à Chongqing (ancienne capitale de Tchang Kaichek, dans le Sichuan). L’année dernière déjà, après celle de Shanghai, des zones franches avaient été ouvertes à Tianjin (ville côtière, à 120 kilomètres de Pékin, où se trouvent les usines de montage d’Airbus), dans le Guandong (région de Canton), dans le Fujian (province faisant face à Taïwan). Jusqu’à présent, ce sont des territoires des côtes orientale et méridionale du pays qui avaient bénéficié de ces nouvelles dispositions. Ce sont désormais des territoires intérieurs et occidentaux qui sont concernés. Et les onze zones franches en appelleront probablement d’autres. “Il s’agit de concentrer leur activité dans le commerce des services – point faible de la Chine –, dans l’innovation scientifique et technique et les industries émergentes” Il ne s’agit pas seulement d’élargir les expériences acquises jusqu’aujourd’hui dans les zones franches existantes en tirant le meilleur parti de la politique d’ouverture, mais aussi de concentrer leur activité dans le commerce des services – point faible de la Chine –, dans l’innovation scientifique et technique et les industries émergentes. Il s’agit aussi d’attirer là les capitaux et les talents étrangers. Les responsables économiques chinois comptent bien tirer les leçons des entreprises étrangères pour réformer leurs modèles de gestion et de développement traditionnels. À l’heure où l’on s’interroge, dans les pays occidentaux, pour savoir si la Chine mérite bien le statut de “pays à économie de marché” qui lui a été octroyé par l’OMS, il n’est pas inutile de prendre en considération le phénomène des zones franches. C’est une manière assez typique de procéder en Chine où, à l’écart de toute pression due aux échéances électorales, on peut donner du temps au temps. Il y a bien une forme de libéralisation économique en Chine. Mais c’est un processus lent, par étapes. On lance quelques expériences limitées dans l’espace?; on en ajoute d’autres?; mais on n’est pas pressé de rompre brutalement avec le passé et de généraliser aussitôt les nouvelles méthodes. Les Chinois savent que l’avantage compétitif qu’ils détiennent, relatif au coût de la main-d’œuvre, n’est pas durable. Ils savent qu’il leur faudra beaucoup de temps pour acquérir une supériorité technologique. Les zones franches sont pour eux un moyen intermédiaire d’accéder à un bon niveau de compétitivité avec les pays occidentaux.