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  • Menaces sur le système interaméricain des droits de l'homme

    Malgré l’ampleur des défis que devait relever le continent en matière de droits humains en 2016, la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), qui joue un rôle essentiel pour défendre et promouvoir les droits fondamentaux et garantir l’accès à la justice pour les victimes lorsque cela leur est impossible dans leur propre pays, a été affectée par une crise financière durant presque toute l’année. Cette situation était due à un financement insuffisant de la part des États membres de l’Organisation des États américains (OEA), ce qui illustrait de manière éclatante l’absence de détermination politique des États à promouvoir et protéger les droits humains à l’intérieur et à l’extérieur de leurs frontières. En mai, la CIDH a déclaré être confrontée à la pire crise financière de son histoire. Ses progrès accomplis dans la lutte contre les violations flagrantes des droits humains et la discrimination structurelle risquaient fortement d’être remis en cause, au moment même où elle était appelée à agir plus activement pour garantir que les États respectent leurs obligations au regard du droit international relatif aux droits humains. Avec un budget annuel de 8 millions de dollars des États-Unis, le système interaméricain des droits humains demeurait le moins bien doté de tous les systèmes de protection des droits fondamentaux du monde : ses ressources étaient inférieures à celles des organismes équivalents en Afrique (13 millions de dollars) et en Europe (104,5 millions de dollars environ). Bien que la CIDH ait fini par recevoir des financements complémentaires, on craignait que la crise politique ne perdure tant que les États n’accepteraient pas de lui fournir les moyens adéquats et de coopérer avec elle, quelles que soient ses critiques à l’égard de leur bilan en matière de droits humains. La CIDH a également rencontré d’autres difficultés au cours de l’année. Le gouvernement mexicain a cherché à entraver ses travaux dans l’affaire d’Ayotzinapa, concernant la disparition forcée de 43 étudiants après leur arrestation par la police en 2014. Les autorités ont affirmé que les étudiants avaient été kidnappés par une bande criminelle et que leurs dépouilles avaient été incinérées et jetées dans une décharge, mais un groupe d’experts nommés par la CIDH a conclu qu’il était scientifiquement impossible qu’un si grand nombre de corps aient été incinérés dans les conditions avancées par les autorités. En novembre, la CIDH a mis en place un mécanisme spécial pour suivre l’application des recommandations des experts, mais il était difficile de garantir que les autorités mexicaines lui apporteraient le soutien nécessaire.