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Les élections du 21 décembre ne régleront pas la crise politique en Catalogne

Une sorte de premier bilan a commencé au sein du mouvement catalan, il est indispensable. Sans doute, l’impréparation de la part du gouvernement catalan est due à une sous-estimation de la volonté répressive du PP et à des illusions sur le positionnement de l’Union européenne et ses dirigeants. En lien aussi, sans doute, une sousestimation de la réalité catalane avec une part significative de la population non indépendantiste, même si elle est favorable à des modifications dans ses relations avec l’État espagnol. La Catalogne a connu le manque d’un vrai soutien dans le reste de l’État sur les questions du droit à décider, des droits démocratiques et contre la répression, la défense d’un projet républicain. Le rôle des forces comme Podemos et IU, dans ce contexte, est à analyser. Rajoy a su trouver les failles pour reprendre l’initiative, mais la force du mouvement est bien réelle. Nous venons de le voir avec la grève du 8 novembre où, en particulier, les Comités de défense de la République (CDR) ont pu bloquer les principales avenues et autoroutes, avec la manifestation du 11 novembre qui a regroupé plus d’un million de personnes à Barcelone. Une manifestation est prévue à Bruxelles. Si l’on en croit les différents sondages, les élections du 21 décembre devraient donner un résultat assez proche de l’actuel. Les partis indépendantistes devraient avoir en sièges tout juste la majorité absolue ou être à 2 ou 3 sièges de celle-ci. Dans ce deuxième cas, la place de Catalunya en Comú (Colau, ICV, EUIA, Podem) deviendrait centrale, mais le résultat global serait une majorité favorable au droit à décider. Il est effectivement peu probable, même si la participation annoncée est à plus de 80 %, que le bloc PP-Ciudadanos et PSC gagne l’élection. Le PP est faible, le PSC a connu plusieurs scissions, Ciudadanos est implanté depuis longtemps en Catalogne mais n’est pas en mesure de rafler la mise. De plus, le PSC a annoncé qu’il ne pouvait voter ni pour le PP, ni pour Ciudadanos. Catalunya en Comu, de son côté, a mis comme condition pour l’élection du président l’abandon de la voie unilatérale. À une autre échelle, mais tout de même, ces élections devraient consacrer la montée en puissance d’ERC et le déclin du courant de droite catalan (ex CIU). Si jamais les élections confirment la majorité pour les indépendantistes ou pour le droit à décider et que, en conséquence, un président issu d’un parti indépendantiste est élu (ERC semble le mieux placé dans ce cas), ce sera un échec important pour Rajoy. Une défaite du bloc en défense de la constitution actuelle rouvre la question.

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