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La voix du rogomme - Page 4

  • Des zones franches

    En 2017, la Chine ouvrira sept nouvelles "zones franches", ou zones-pilotes de libre-échange, plus franchement ouvertes que le reste du territoire au commerce international et aux investissements étrangers?: dans le Liaonang (ancienne Manchourie), le Zhejiang (région de Shanghai), le Henan (province du centre), le Sichuan (province de l’ouest), le Shaanxi (au centre du pays, avec comme capitale Xi’an) et à Chongqing (ancienne capitale de Tchang Kaichek, dans le Sichuan). L’année dernière déjà, après celle de Shanghai, des zones franches avaient été ouvertes à Tianjin (ville côtière, à 120 kilomètres de Pékin, où se trouvent les usines de montage d’Airbus), dans le Guandong (région de Canton), dans le Fujian (province faisant face à Taïwan). Jusqu’à présent, ce sont des territoires des côtes orientale et méridionale du pays qui avaient bénéficié de ces nouvelles dispositions. Ce sont désormais des territoires intérieurs et occidentaux qui sont concernés. Et les onze zones franches en appelleront probablement d’autres. “Il s’agit de concentrer leur activité dans le commerce des services – point faible de la Chine –, dans l’innovation scientifique et technique et les industries émergentes” Il ne s’agit pas seulement d’élargir les expériences acquises jusqu’aujourd’hui dans les zones franches existantes en tirant le meilleur parti de la politique d’ouverture, mais aussi de concentrer leur activité dans le commerce des services – point faible de la Chine –, dans l’innovation scientifique et technique et les industries émergentes. Il s’agit aussi d’attirer là les capitaux et les talents étrangers. Les responsables économiques chinois comptent bien tirer les leçons des entreprises étrangères pour réformer leurs modèles de gestion et de développement traditionnels. À l’heure où l’on s’interroge, dans les pays occidentaux, pour savoir si la Chine mérite bien le statut de “pays à économie de marché” qui lui a été octroyé par l’OMS, il n’est pas inutile de prendre en considération le phénomène des zones franches. C’est une manière assez typique de procéder en Chine où, à l’écart de toute pression due aux échéances électorales, on peut donner du temps au temps. Il y a bien une forme de libéralisation économique en Chine. Mais c’est un processus lent, par étapes. On lance quelques expériences limitées dans l’espace?; on en ajoute d’autres?; mais on n’est pas pressé de rompre brutalement avec le passé et de généraliser aussitôt les nouvelles méthodes. Les Chinois savent que l’avantage compétitif qu’ils détiennent, relatif au coût de la main-d’œuvre, n’est pas durable. Ils savent qu’il leur faudra beaucoup de temps pour acquérir une supériorité technologique. Les zones franches sont pour eux un moyen intermédiaire d’accéder à un bon niveau de compétitivité avec les pays occidentaux.

  • La France et la compétence spatiale

    L’état de nos compétences et des développements réalisés a reçu ces derniers mois des marques de reconnaissance objectives de la part des USA qui recherchent des moyens de relancer à des coût plus abordables leurs propres programmes d’accès à l’espace. Les moteurs développés en France et en Europe et le lanceur Ariane 5 luimême, sont examinés outre Atlantique pour des utilisations américaines. Les comparaisons effectuées avec des matériels US confirment la forte compétitivité de nos produits (malgré le taux de change défavorable euro/dollar !). Des voies s’ouvrent ainsi à une certaine mutualisation des moyens nécessaires à la poursuite de l’exploitation de la station orbitale internationale comme à l’accès de l’homme à l’espace. Ariane 5 est le type même du lanceur que les américains aimeraient bien avoir et que d’autres grands pays spatiaux (la Russie avec Angara, la Chine avec Longue marche 5) développent. Les atouts que la France et l’Europe peuvent exploiter pour l’accès à la station et demain l’exploration spatiale, en coopération avec les USA mais aussi avec les autres grandes nations spatiales, concernent non seulement le lanceur mais les charges utiles (cargo comme l’ATV ou dérivés capable d’emport d’astronautes et qui pourraient être développés en coopération. La France a été, en Europe, le chef de file du développement de la propulsion aussi bien à ergols solides qu’à ergols liquides. Dans le domaine des ergols liquides, la France a été le deuxième pays après les USA à ouvrir le domaine de la propulsion à oxygène et hydrogène liquide. Nous avons ainsi aujourd’hui la maîtrise des deux domaines nécessaires à la réalisation de lanceurs performants techniquement et économiquement : la propulsion à ergols solides permet de disposer des fortes poussées pour le décollage, la propulsion à hydrogène et oxygène liquides fournit les hautes performances nécessaires à l’optimisation du rapport entre charge utile et masse au décollage du lanceur (minimisation des coûts). Chacune de ces deux filières est associée à des coûts fixes (infrastructures, compétences des équipes) et il serait inutile et coûteux de vouloir développer, pour les lanceurs spatiaux, une troisième filière d’ergols telle celle des moteurs à oxygène et kérosène/ou méthane. Par ailleurs, la mise sur pied puis le fonctionnement d’une telle filière requerraient des financements supplémentaires dans des proportions substantielles de la part des États européens. Dans le monde, les moteurs LOX/kérosène ou méthane ont été développés en raison d’un déficit de compétences en propulsion solide et d’une maîtrise insuffisante des technologies de propulsion liquide ne permettant pas encore d’aborder le domaine des moteurs cryotechniques hydrogène/oxygène. Source: vol en apesanteur.

  • Pour un traitement unique du Zika

    Dans une étude à paraître jeudi dans Nature, des chercheurs européens affirment avoir identifié des anticorps capables de neutraliser à la fois le virus de la dengue et le virus Zika. Ce qui laisse présager la mise en place d'un vaccin unique. Ils se transmettent tous les deux par les moustiques et sont potentiellement dévastateurs, entraînant des pathologies graves, voire la mort. Le virus Zika, actuellement en phase épidémique, et le virus de la dengue, l'un des plus meurtriers, présenteraient des caractéristiques similaires telles qu'ils pourraient être combattus d'une seule et même manière. Des chercheurs français de l'Institut Pasteur et du CNRS, en collaboration avec l'Imperial College (Londres) et avec l'Université de Vienne (Autriche), affirment en effet avoir découvert des anticorps capables de neutraliser les deux virus, selon leurs travaux à paraître ce jeudi dans la revue Nature. Dans un communiqué, l'Institut Pasteur explique que les scientifiques ont isolé deux anticorps "capables de stopper la prolifération du virus de la dengue" chez un patient infecté. En laboratoire, l'un des deux s'est montré redoutable contre le virus Zika, plus même que contre le virus de la dengue car, dans le cas présent, il parvient à empêcher l'infection des "cellules avec lesquelles il est en culture". Les chercheurs se sont penchés sur cette piste après de précédents travaux au cours desquels ils ont découvert un anticorps capable de terrasser toutes les formes de la dengue. "Découvrir que le virus de la dengue et le virus Zika sont si proches que certains anticorps produits contre le virus de la dengue neutralisent aussi le virus Zika était totalement inattendu", écrit Félix Rey, responsable du laboratoire de Virologie structurale à l'Institut Pasteur. Selon l'organisme de recherche, ces travaux laissent entrevoir la mise en oeuvre future d'un vaccin unique contre les deux virus. Car l'anticorps se fixe de la même manière dans les deux schémas. Pour l'heure, il n'existe aucun vaccin ni traitement contre le virus Zika. La maladie provoque généralement des symptômes bénins similaires à la grippe (fièvres, vomissements) mais peut, dans de rares cas, entraîner des complications graves, comme le syndrome neurologique de Guillain-Barré ou des microcéphalies chez l'enfant né d'une patiente infectée pendant sa grossesse. "Les anticorps pourraient par exemple être utilisés pour protéger les femmes enceintes risquant de contracter le virus Zika", souligne Félix Rey dans le communiqué. Plusieurs laboratoires, dont Sanofi, ont annoncé travailler à l'élaboration d'un vaccin. Mais il faudra attendre des années, aucun n'ayant encore été testé sur l'homme. "Peut-être que dans trois ans nous aurons un vaccin. Trois ans, c'est optimiste", a récemment déclaré le professeur Jorge Kalil, directeur de l'Institut Butantan, centre de recherches biomédicales brésilien, dans des propos rapportés par l'AFP. Concernant la dengue, en décembre dernier, Le Monde rapportait que Sanofi avait reçu son feu vert pour commercialiser son vaccin. Le virus provoque généralement des fièvres mais peu, dans certains cas, évoluer dans une forme hémorragique et entraîner la mort. Selon l'OMS, 50 millions de cas sont déclarés annuellement.